Charrières (Creuse)

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Au XVIIIe siècle, le membre de Charrières s’étendait sur quinze paroisses et sur quatre-vingt-huit villages. Aujourd’hui, le château a complétement disparu ; la chapelle, déjà en ruine, semble suivre le même chemin...

Propriété privée - Ne se visite pas

Charrières : ruines de la chapelle

Charrières : plan napoléonien (1841)

Origine & Situation

  • 1190 : Date à compter de laquelle les cartulaires d’Aureil et de l’Artige font mention de Charrières. A cette époque, ce petit village est une cure de l’ancien archiprêtré d’Aubusson ; il se situe sur une importante voie carrossable.
    Charrières : plan napoléonien (1841)

Histoire de la commanderie

  • 1192 : Les Templiers de Charrières (Templarii de Chareriis), Gérald de Saint-Junien et Gaucelm de Bosogle engagent ce qui leur appartient sur diverses terres.
  • 1282 : Le 23 juin, un accord passé entre l’évêque de Limoges et l’ordre du Temple, stipule que la chapelle de Charrières dépend de l’église matrice [1] de Saint-Maureil et que le recteur de ladite église doit recevoir de cette maison dix-huit setiers de seigle.
  • 1312 : A la suppression des Templiers, la commanderie passe à l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.
  • Charrières subsistera jusqu’à la Révolution comme commanderie de Malte.
    Charrières : plan de la chapelle

La commanderie de Charrières

  • La commanderie se compose d’une ferme et de dépendances, d’un château et d’une église.
  • On accède à une cour intérieure pavée de pierres brutes par un portail « en forme de fer à cheval ». Au centre de cet espace, se trouve un bassin circulaire avec margelle en pierre de taille et jet d’eau.
  • Le domaine a un rôle essentiellement économique (exploitation des terres, du bétail,...) et juridique (perception des impôts et des revenus).
  • La commanderie de Charrières comprend quatre membres : en Creuse, ceux de Charrières et de Gentioux, et en Corrèze, ceux de Saint-Maurice-près-Robert et de Chaumont.
    Charrières : vestiges de la nef
  • 1684 : Une visite précise que :
    - de cette habitation dépend une terre de trois quartes, un pâturage de trois sétérées, une forêt d’environ cent cinquante sétérées, le tout contigu, et une petite châtaigneraie.
    - Le commandeur possède encore les étangs de Charrières, de Monthioux, de Présenchères, et perçoit des dîmes sur les lieux de La Faurie, des Moulins-de-la-Barde, de la Colomberie, de Présenchères, de Champagnac, de Montcheny, du Puy, d’Oche, de Truffy, du Petit-Auriat, de l’Estrade, de Saint-Amand-le-Petit, du Vigon et de la Chassagne.
  • 1829 : La paroisse de Charrières est rattachée à la commune de Saint-Moreil.
  • 1837 : Le château de la commanderie, adossé à l’église, est détruit. Ses pierres serviront à construire plusieurs bâtiments.
    Charrières : façade Nord de la chapelle

La chapelle Sainte-Claire

  • La construction de la chapelle remonte au XIIIe siècle.
  • Placée à l’origine sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste, la chapelle fut par la suite dédiée à Sainte-Claire.
  • L’édifice a une longueur totale de 21 m sur 7 m de largeur.
    Charrières : calvaire et chapelle
  • La nef rectangulaire se décompose en trois travées voutées d’ogives à liernes octopartites, la dernière formant le chœur, ce qui crée un effet de baldaquin : ce voûtement élégant et élancé se retrouve à l’église templière de Paulhac. Ce type architectural de nef unique à chevet plat est typique des " églises-granges " des Ordres religieux militaires hospitaliers en Limousin ou même des Ordres érémitiques tels les Prémontrés. Il s’agit d’un plan pragmatique, rapide à construire et qui a fait ses preuves en matière de solidité quant à la résistance aux poussées. De plus, il crée une illusion d’austérité que le mobilier liturgique et le décor peint, sculpté et tissé gommaient.
  • Des arcatures sur les murs gouttereaux soutiennent par leurs culs-de-lampe à tête humaine les ogives et les doubleaux. Ils se situent à 6 m au-dessus du sol. Ce décor extrêmement commun dans les églises rurales, même non templières ou non hospitalières de Saint-Jean-de-Jérusalem.
    Charrières : nef de la chapelle
  • Les fenêtres sont en plein cintre : il ne faut y voir aucun archaïsme, les voûtes octopartites démontrent, en effet, les compétences exceptionnelles des maîtres d’oeuvre en plein 13e siècle aux confins du Limousin.
  • Une arcade pratiquée dans l’épaisseur de la muraille abrite un enfeu : probablement le tombeau d’un ancien commandeur, de Saint-Jean de Rhodes ou de Malte ?.
  • Des peintures d’une époque indéterminée représentant sainte Claire et saint Moreil décoraient le chœur.
  • Le portail nord est en arc brisé, avec boudins et colonnettes, encadré de deux arcades aveugles. Les cordons d’encadrement sont ornés de masques humains.

Charrières : porche d'entrée côté Nord

  • Un clocheton s’élevait au-dessus et en extrémité Ouest du toit.
  • La cloche portait une inscription en lettres gothiques : L’an mil V. C. IX. [1509] Sancte Johanne Baptista ora pro nobis, avec d’un côté un chevalier barbu armé d’une longue lance et, à l’opposé, un prieur de l’Ordre revêtu de son ample manteau.
  • 1904 : Au milieu du sanctuaire, une pierre tombale mesure deux mètres de long. Dans la nef, dix autres pierres tombales sont ornées de croix grecques et de croix de Malte.
    Charrières : voûte de la chapelle
  • 1922 : La chapelle est détruite ; aujourd’hui il n’en reste que quelques précieux vestiges.
  • Subsistent également les restes d’un cimetière dont quelques tombes ont été transportées dans le cimetière de Saint-Moreil vers 1920.

Charrières : masques humains
Charrières : chapiteau de la chapelle

Le dernier chevalier du Temple de Charrières

Charrières : croquis de la chapelle par Jules Tixier

  • 1307 : Un vieux chevalier du Temple, frère Géraud de Saint-Martial, est précepteur de Charrières « de Charreriis de senescallia Pictaviensis, diocesis Lemovicensis ».
  • 1308 : Interrogé à Rome, il raconte qu’il a reçu l’habit du Temple, il y a environ cinquante ans, des mains de frère Etienne de « Loriut », précepteur du Limousin, en une maison du Temple appelée Chamberaud. Peu après son admission, il est allé outre-mer et y a passé vingt-quatre ans.
  • Pour n’avoir pas compris quel genre d’aveux on attend de lui, il est mis à la torture « in duris tormentis », puis enfermé dans une tournelle [2] trois semaines durant, mis au pain et à l’eau et ensuite amené à Poitiers pour y être incarcéré.

Charrières : départ de croisée d'ogives

La fontaine Sainte-Claire

  • Une fontaine nommée « Sainte-Claire » est creusée à côté et en contrebas de la chapelle.
  • Ce lieu de dévotion servait à soigner les maladies des yeux.
  • Beaucoup de pierres de ce lieu saint ont été utilisées pour construire des maisons dans le village de La Faurie.

Charrières : vestiges de la chapelle

Les précepteurs du Temple

Charrières : bras reliquaire disparu

  • 1190 : frère P. Regembert
  • 1200 : frère Adhémar de Charrières
  • 1307 : frère Géraud de Saint-Martial

Les commandeurs de Saint-Jean-de-Jérusalem

  • 1398 : frère Johannis Bonnat (dit aussi frère Jean Baria)
  • 1424 & 1445 : frère Guillaume d’Aubusson
  • 1459 : frère Elye Capeyra
  • 1468 : frère Louis d’Aubusson
  • 1479 : frère Guy d’Aubusson
  • 1498 : frère Etienne de Petra
  • 1491 & 1504 : frère Jouffroy Ducros
  • 1539 & 1587 : frère Antoine de Chaslus
  • 1548-1550 : frère Jean Galbert des Fons
  • 1559-1586 & 1588 : frère Jacques de Dyo
  • 1601 : frère Claude Duguyé
  • 1606 : frère Jean-Louis de Beaufort
  • 1608 & 1615 : frère François de Breschard Le Poussus
  • 1611 & 1638 : frère Just de Fay de Gerlande
  • 1643 : frère Jean de Fay la Tour-Maubourg
  • 1645 : frère Claude Montagnac de Larfeuillère
  • 1662, 1669 & 1674 : frère Jean de Forssat
  • 1686, 1675 : frère Charles de Fassion de Sainte-Jay
  • 1693 & 1721 : frère Henri de Gratel de Dolomieux
  • 1720 : frère De la Regaudie
  • 1727 : frère François de Chevrier de Saint-Mauris
  • 1733-1767 : frère Louis-Nicolas de Rollat de Marsay
  • 1736-1745 : frère Louis de Marsay
  • 1778-1792 : frère E. P. de Marcellanges

Charrières : chapiteau

Le mot du propriétaire

Cette rubrique est ouverte au propriétaire du lieu qui peut ainsi s’exprimer librement. Nous lui demandons de nous contacter : contact@passion-patrimoine.fr

Sources de référence

  • Archives départementales de la Creuse pour l’extrait du plan napoléonien.
  • Archives départementales du Rhône : Série 48H - Fonds Ordre de Malte.
  • Bibliothèque francophone multimédia de Limoges pour les gravures extraites du livre de Pierre COUSSEYROUX : Histoire de la ville et de la baronnie de Peyrat-le-Château : guerres de religion, tribunaux révolutionnaires de Limoges et de Saint-Léonard. Dumont (1904).
  • LAURADOUR (A.) : La commanderie de Charrières. Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse (1965).
  • LEONARD (E.-G.) : Introduction au cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le marquis d’Albon.
  • SENNEVILLE (G. de) : Cartulaires des prieurés d’Aureil et de l’Artige en limousin. Limoges (1900).
  • TIXIER (J.) : La commanderie de Malte à Charrières. Croquis historiques de Limoges (1907).
  • VOGUE (C.-J.-M. de) : Charrières. Revue de l’Orient Latin. Paris (1899).

Notice mise à jour le 08 mai 2017

Notes

[1Plus ancienne église d’un pays ou d’un Ordre religieux

[2Petite tour

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